Le chômage du canal

Envoi n°8 - 

Tirage 13x18 Pellicule n°xx - 8 janvier 2016


En janvier 2016, on avait vidé le canal Saint-Martin. Ça avait duré 3 mois, mais passé le 8 janvier il ne restait qu'un chantier à ciel ouvert.


14000 tonnes de boue avaient été déplacés. 14 milliards de grammes de vase. La mairie de Paris ne communique pas beaucoup sur les déchets trouvés au fond. 


Aucun arsenal, et les seuls cadavres qui reposent sur un lit de vase sont ceux que produisent les apéros écolo-friendly. On apprend tout de mêle qu'il y a eu 180 vélos, dont moitié de Velib, 23 motos, 53 caddies et 10 poussettes. On s'interessera à l'état d'esprit du fonctionnaire qui a donné ces chiffres, dans cet ordre-là. Peut-être que les armes étaient cachées dans les poussettes.


260 tonnes de déchets. 


En 1886, il paraît qu'on avait retrouvé un coffre-fort, c'était le premier chômage du canal.

En 1886, au ministère des travaux publics, il y avait une commission des chômages des canaux. Commission à qui l'on demandait de réduire le nombre de chômages pour l'année suivante et d'envisager leur suppression pure et simple à l'avenir.

On imagine des lobbyistes nivernais du syndicat de la marine ouvrant avec malice une cave à cigares tandis que le ministre les reçoit dans la pénombre d'une soirée d'hiver. Mais je divague...


Où va la vase ? Que fait-on des vélos ? Et les caddies, est-ce que quelqu'un y récupère le jeton ?